Patience ça pousse

13 juin 2015

Recueillir les graines d'Amaryllis

La fleur d’amaryllis m’émerveille à chaque fois qu’elle apparaît, c’est pourtant une fleur qui brille par son absence. C’est peut-être cela son secret, savoir, se faire oublier, pour mieux nous éblouir. C’est une demoiselle à nulle autre pareille, de par sa taille, ses couleurs vives et sa longévité. C’est la reine du jardin, notre belle au bois dormant.

La belle Hippeastrum est pourtant une usurpatrice, bien que connue dans le monde entier sous le nom d’amaryllis, elle n’en est pas une. Mais qui pourrait lui en vouloir, avec un nom pareil « hippeasquoi, vous dîtes ? ». Ça, c’est surement un coup de la vilaine sorcière.

 

Pourquoi recueillir les graines des plantes ?

Outre le fait que c’est toujours instructif et ludique d’observer le cycle complet reproductif d’une plante, le semis à partir des graines évite la propagation de la plupart des maladies, ce qui n’est pas le cas dans la division par exemple. 

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Après un an de repos, notre belle endormie daigne enfin nous honorer de sa présence et nous a gratifiés de 4 à 6 magnifiques fleurs, juchées au sommet de leur longue tige creuse, qui dureront de 2 à 3 semaines. A ce stade, on n’aperçoit pas encore l’ovaire de la fleur qui se trouve à la base de celle-ci.

 

Pollinisation « artificielle »

Si vous avez comme moi, un jardin urbain, qui plus est situé au troisième étage, vous risquez de manquer de pollinisateurs. Pour remédier à cela, il va vous falloir jouer les marieuses comme il est coutume de faire pour la fleur de vanille. Rassurez-vous cela n’a rien de sorcier, car, ici tous les organes sexuels de la fleur sont accessibles. Il suffit de repérer les étamines et le pistil. Les étamines portent le pollen et le pistil, c’est le bâtonnet en forme de fourche. 

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Dès que la fleur s’ouvre, il faut surveiller l’évolution des étamines et du pistil. Sur la photo, ci-dessus, le pollen est bien développé, mais le pistil n’est pas mature. Un pistil mature doit avoir les extrémités recourbées.

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Sur cette photo, le pistil est mature, mais il n’y a plus de pollen sur les étamines. Les deux organes sexuels de la fleur n’arrivent pas à maturité en même temps, pour éviter l’autofécondation. Pour aider mère nature quand on manque de pollinisateurs, il suffit de prélever du pollen sur les étamines d'une fleur et de le poser sur le pistil d'une autre fleur. Le transfert peut se faire avec les doigts, en changeant de doigt à chaque nouveau transfert ou avec un coton tige.

Deux à trois semaines ont passé, et l’ovaire de la fleur est bien visible. Le mieux est de laisser la tige en place et d’attendre patiemment que la nature fasse son œuvre. 

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Les ovaires fécondés vont grossir énormément, sécher et fissurer laissant apparaître une multitude de petites enveloppes noires dans lesquelles se trouvent les graines.

 

 

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Les graines sont prêtes à être récoltées et semées. 

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On peut semer les graines à n’importe quelle période de l’année, dans un terreau de qualité. La levée sera plus rapide si les conditions de températures sont bonnes (environ 20°). Au bout de six mois, les plantules devraient être assez vigoureuses pour être repiquées en pot ou en pleine terre.

 

En vrac

Le feuillage des amaryllis peut apparaître en même temps ou après la floraison. Il est très important de ne pas couper les feuilles, car c’est grâce à ces dernières que la plante fait ses réserves avant son long sommeil.

Les amaryllis du commerce sont le résultat d’hybridation par croisement de plusieurs espèces. Il n’est donc pas exclu que vos futures amaryllis ne ressemblent pas au pied mère.

Les bulbes de pleine terre doivent être rentrés en hiver après séchage des feuilles.

Une amaryllis fleurit habituellement au bout de cinq ans. On pourra obtenir une première floraison au bout de trois ans, et même si elle n’est pas spectaculaire, ce sera tout de même un beau cadeau, sa façon à elle, peut-être, de récompenser notre patience.

 

 

 


12 mai 2015

Agave, fleurir et mourir

 

J'ai récupéré un agave dont quelqu'un voulait se débarrasser, il avait déjà une belle taille, il fallait être deux pour le porter. Comme c'était déjà un beau spécimen je ne savais pas s'il allait survivre en pot. De plus il avait une racine si longue que j'ai dû me résoudre à en couper le tiers. Parti comme ça je ne donnais pas cher de sa peau. J'ai quand même tenté l'aventure, de toute façon il était voué à la mort. Je l'ai installé dans le plus gros contenant que j'ai pu trouver avec juste de la terre de jardin.

 

 

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Comme je n'y connaissais rien en agave, je me suis documentée en visitant divers sites sur le net. J'ai lu ici et là que l'agave fleurissait entre 10 et 15 ans et qu'il mourait. Bon, vu le traitement qu'on lui avait fait subir, s'il ne mourait pas ce ne serait déjà pas si mal, alors la floraison, je ne risquais pas de la voir.
Au bout d'un an, ben oui, il a survécu et de belle manière, il m'a même offert un rejeton que j'ai installé ici...

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Deux années ont passé et un beau matin de septembre, surprise!!! Je n'en crois pas mes yeux, il y a une espèce de truc bizarre à milieu de mon agave. Qu'est-ce donc ? Retour sur le net et après quelques recherches, le verdict tombe : mon agave va mourir. Donc, le truc bizarre c'est la tige de la fleur ? Ah, d'accord, je ne voyais pas ça comme ça, moi!!! En même temps, je n'en avais jamais vu de fleur d'agave. Je vous présente donc, Madame la tige de fleur d'agave. Ben, ça promet!!!

 

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Me voilà au bout d'une semaine.

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Au bout d’un mois, la tige a allègrement dépassé le mur de 2.50 m de haut.

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Les fleurs commencent à apparaître.

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Au bout de 3 mois, les fleurs de l’agave sont bien ouvertes et les graines commencent à tomber.

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Graines d'agave.

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Huit mois ont passé, et les fleurs ont fané et sont tombées. A la place de chaque fleur un petit agave s’est formé. 

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Petits agaves tombés de la fleur. 

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Dans la nature, la plante se serait déjà effondrée, il a fallu amarrer solidement la fleur, car au vent, elle vacillait dangereusement. Malgré la floraison, la plante se porte très bien, elle a même fait de nouvelles feuilles. Neuf mois déjà et l’agave est toujours en pleine forme. J’apprécie beaucoup ce cadeau de la nature, c’est une vraie chance d'avoir pu suivre au jour le jour l’évolution de cette magnifique plante.

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11 mai 2015

Faire pousser un manguier

Je ne vais pas vous faire un cours théorique sur le manguier. Mon but est de partager une expérience ludique que j'ai menée avec grand plaisir et qui a comme vous le verrez, dépassée toutes mes espérances. En effet, j'ai fait pousser une dizaine de plants de manguiers et j'en ai gardé deux des plus robustes. Ce sont deux variétés différentes et au bout de 3 ans, à ma grande surprise un des manguiers a fleuri et je commence à voir les minuscules fruits. 

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Bien qu'originaire des pays chauds, le manguier peut être apprivoisé sous tous les climats. Bien sûr, les conditions de culture seront différentes d'un pays à l'autre. Pour des raisons pratiques, je partage le monde en deux groupes. Je sais, c'est restrictif, mais pour la réussite de l'expérience, c'est vital.

Groupe 1 : les régions où il ne fait jamais moins de 10° (y compris la nuit).

Groupe 2 : les autres.

Ceux qui habitent dans le groupe 2, obtiendront une belle plante d'intérieur originale, ce qui n'est déjà pas si mal. A moins de posséder une serre ou une véranda chauffées, il ne sera guère possible d'avoir mieux.

Les chanceux du groupe 1, avec de la patience pourront atteindre le saint Graal : floraison, fructification, dégustation.

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Avant d'aller plus loin faisons le point sur les besoins de notre futur manguier. Bien sûr, vous l'aurez compris, le manguier a besoin de lumière et de chaleur, mais cela ne suffit pas, il a aussi besoin d'humidité. Alors le coup de la pauvre plante collée au radiateur pour qu'elle n'ait pas froid, oubliez!!! A moins de transformer votre salon en sauna, vous ne réussirez qu'à dessécher ladite plante. Donc, le manguier d'intérieur près d'une fenêtre, loin du radiateur et le pot posé dans une grande soucoupe pleine d'eau. Là, c'est ambiance forêt tropicale, il adore. Ceux du groupe 2, ne jetez pas votre radiateur, on en aura besoin. Si, on démarre un manguier en hiver, le radiateur est très utile pour produire la racine. 

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Matériel

Contenant de démarrage de la racine : un pot de confiture translucide avec son couvercle que l'on aura préalablement percé de 4 trous, pour évacuer l'excédent d'humidité ou un verre quelconque qu'on couvrira d'un film plastique, percé lui aussi et retenu par un élastique. Les trous régulent l'humidité afin de prévenir le pourrissement de l'amande.

Du papier absorbant pour envelopper l'amande (évitez le coton, il a tendance à accrocher à la racine).

Contenant pour la production de la tige : pot en plastique non-transparent de 10 cm de diamètre environ percé sur le côté de quelques trous à 1 cm du fond pour évacuer l'excédent d'eau d'arrosage avec son couvercle également percé de 4 trous. 

Du terreau universel. 

Une bouteille d'eau minérale de 5 litres sans son bouchon, qui pourra servir de mini-serre et dans laquelle on pratiquera une ouverture en forme de porte. 

De la terre de jardin. 

De l'engrais organique qui servira à alimenter la plante une fois installée dans son pot définitif.

 

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Récupération de l'amande

On procède de la façon suivante : bien nettoyer le noyau pour une meilleure prise en main. A l'intérieur du noyau de la mangue se trouve une amande, récupérez-la précautionneusement après avoir incisé délicatement le bord le plus fin du noyau. L'amande ne doit pas être abimée et ne pas présenter de moisissures ou de taches suspectes.

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Démarrage de la racine

Rincez l'amande, enveloppez-la dans une feuille de papier absorbant, humidifiez le papier avec de l'eau tiède (pas brûlante), posez le tout dans le contenant en verre et mettre le couvercle percé. Pour le groupe 1, mettre le pot dans un endroit ensoleillé, si vous habitez dans une région ensoleillée, mais venteuse, le vent refroidira le pot et l'amande n'atteindra pas la température nécessaire à la germination. Pour remédier à ce problème, confectionnez une mini-serre avec la bouteille d'eau minérale de 5 litres. Pour le groupe 2 posez le pot sur un radiateur. Tous les jours, on humidifie l'amande en changeant le papier absorbant, cela permet de limiter les risques de moisissure. La patience s'impose, plusieurs jours peuvent être nécessaires pour voir apparaître la racine. Quand la racine atteint environ 1 cm, il est temps de planter. 

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Production de la tige

1) Mettre du terreau dans le contenant de 10 cm de diamètre, aux 3/4, creusez avec le doigt un petit sillon de 1 cm de profondeur au milieu du pot, posez l'amande verticalement de façon à placer la racine dans le bon sens. Couvrez l'amande d'un cm de terreau, arrosez délicatement et fermez avec le couvercle percé. Pour le groupe 2, retour sur le radiateur et pour le groupe 1, retour au soleil (avec la mini-serre si nécessaire). Encore et toujours, la patience s'impose, gardez le terreau humide, mais sans excès, jusqu'à l'apparition de la partie aérienne de la plante. 

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2) Dès que la tige apparaît, il faut impérativement ôter le couvercle. Pour le groupe 1 : sortir la jeune plante de sa serre, la mettre à l'abri du vent dans un endroit où elle sera au soleil le matin, mais pas l'après-midi, pour ne pas brûler les jeunes feuilles. Pour le groupe 2, c'est le moment de fuir le radiateur, posez le pot dans une soucoupe pleine d'eau près d'une source de lumière naturelle.  

Ci-dessous mini-serre en cas de vent fort ou de températures extérieures encore fraiches.

Mini serre

 

 

Apparition de la tige

 

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Rempotage définitif

Le manguier a une particularité qui explique en partie les nombreux échecs de sa culture en pot. En effet, le manguier a une racine en pivot. Cela veut dire qu'il ne s'enracine pas à l'horizontale, mais, à la verticale. Sa racine principale cherche à rejoindre le centre de la terre donc, offrez-lui tout de suite un pot tout en longueur. Vous avez choisi votre pot ? Alors place au rempotage définitif.

Faites, un mélange composé de 3/4 de terreau et de 1/4 de terre de jardin et remplissez votre pot.

Enlevez délicatement votre jeune manguier de son pot en plastique que vous aurez découpé aux ciseaux préalablement pour ne pas défaire la motte autour de la racine.

Mettez votre jeune plante à sa place définitive, tassez un peu la terre, faites un apport d'engrais biologique en surface et arrosez copieusement.

Maintenant, vous n'avez plus qu'à regarder votre manguier s'épanouir, et qui sait vous aurez peut-être la chance de goûter aux fruits de votre labeur.

Votre manguier devrait ressembler à cela au bout de trois mois après l'apparition de la tige.

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Entretien de votre manguier

Le manguier ne nécessite pas de soins particuliers, à part un arrosage régulier, comme toutes les autres plantes.

Ci-dessous, manguiers de 3 ans (premier plan) et de 4 ans (arrière-plan). Le plus jeune des deux a fleuri, surement un manguier précoce, ce sont deux variétés différentes. Celui de 4 ans, je l’ai rabattu cette année, car il n’a qu’une seule tige, il commence à produire de nouvelles branches. J'en ai aussi profité pour lui offrir un pot plus profond, il en avait vraiment besoin.

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Début de la floraison

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Fleurs et premiers fruits

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Naissance des futures branches suite à la taille du manguier de 4 ans

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En vrac

Le manguier est un arbre très robuste, mais, il n'aime pas les vents violents.

Le feuillage du manguier est persistant, donc il ne perd pas ses feuilles si cela arrive, c'est qu'il y a un problème. (mauvais drainage de l'eau d'arrosage, manque ou excès de soleil, courants d'air...).

Les premières feuilles vont finir par faner et tomber, c'est normal.

Certains manguiers vont faire plusieurs branches et d'autres qu'une tige.

Le manguier supporte bien la taille, cela permet la pousse de nouvelles branches.

La floraison du manguier intervient entre 3 et 6 ans, planter plusieurs variétés permet de multiplier les chances d'avoir des fruits au bout de 3 ans.

Un manguier en fleur n'aime pas la pluie.

Les manguiers sont autofertiles, donc ils ne nécessitent pas de compagnons pour fructifier.

 

Dernières nouvelles :

Un mois s'est écoulé, je vous mets quelques photos de mes deux manguiers. Celui qui n'avait fait qu'une tige et que j'ai sévèrement taillé, m'a gratifié d'une dizaine de nouvelles branches, c'est bien plus que ce que j'espérais. 

 

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Celui qui a fructifié, c'est débarrassé de la majeure partie de ses fruits pour n'en garder que deux par branches. Un aussi petit arbre, qui plus est en pot, n'aurait pas pu supporter autant de fruits. Maintenant, les fruits sont bien reconnaissables, de parfaites mangues miniatures. Donc en principe si tout va bien, dans trois mois, je devrai pouvoir déguster les dix mangues qui restent.

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Petit coucou,

Quelques mois ont passé, mon agave a fini par sécher et mourir, mais les deux manguiers vont bien. Même si le plus jeune a souffert du froid cette année, il a encore fleuri deux mois plus tôt que l'année précédente. Les petites mangues de l'année dernière sont toutes tombées dès qu'elles ont atteint 1 cm environ. Le plus âgé a beaucoup poussé donc j'ai dû lui racheter un énorme pot, ce sera le dernier, car je ne peux pas mettre plus grand.

 

 

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Futures mangues "peut-être".

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Dernières nouvelles fin juin 2018:

Miracle, toutes les mangues ne sont pas encore tombées, comme les années précédentes. Elles me donnent même de l'espoir cette fois. Elles n'ont jamais atteint cette taille et elles poussent à vue d'oeil.

 

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06/08/2018

 Les mangues de la photo précédente sont tombées, elles étaient sur le manguier le plus jeune. Il en reste deux autres sur le plus âgé, pour l'instant tout va bien.

 

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Les deux manguiers sont côte à côte, mais le plus jeune n'est pas très visible, il fait des branches basses alors que le plus âgé gagne en hauteur.

 

 

 

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